Secteur Pastoral Saint Jean-Paul II de Sénart

La mort, ses rites, ses rituels, ses gestes et leurs significations.

Intervention de Monsieur l’Immam Nourredine Aoussat.

I)LA VIE

Pour les musulmans, toute l'Humanité est tirée de la côte d'Adam. Chaque homme existe depuis la création du monde sous forme "atomique", c'est à dire invisible. Puis chacun nait, vit sur la terre , meurt.

Le moment de la mort est un passage vers la vie éternelle. Ce passage c'est la vie isthmique. Il est suivi de la vie éternelle. Si on résume, on a :

La vie atomique----------------la vie terrestre-------------------la vie isthmique---------------------La vie éternelle.

II) LA FAUTE D'ADAM

Pour les musulmans, Adam a été tenté par une vie terrestre éternelle et a touché å l'arbre de l'éternité.

L'homme aspire à une vie terrestre éternelle, mais Dieu l'interdit.

III)LA MORT ET SES RITES.

A)La mort

 La mort est affligeante et amère pour L'homme. Dieu, lui-même,  le reconnaît dans les hadiths (paroles attribuées au Prophète dans la tradition), mais elle est nécessaire.

À noter que pour Les musulmans, Jésus n'est pas mort mais est monté aux côtés de son Père.

(IL n'a pas été précisé davantage concernant Jésus.)

B) Les rites

Les "pompes funèbres " n'existent pas en terre musulmane. Ce sont les familles et les proches qui s'occupent de tout. En revanche en France, comme c'est obligatoire, en particulier pour un transfert à l'étranger, on a recours aux pompes funèbres. Les pompes funèbres musulmanes ont donc été crées spécialement pour la France.

Lors de la mort, l'âme quitte le corps. La mort ressemble au sommeil. Chaque journée commence toujours par une prière de louange. 

Le corps est lavé très soigneusement, par les femmes pour une femme, par les hommes pour un homme.

Il est parfumé et mis dans un linceul blanc et noué plusieurs fois.

On dit une prière mortuaire. L'imam n'est pas nécessaire. Et on prononce la Fatiha, des salutations sur le Prophète,  des invocations pour le défunt. On termine toujours par « Allah Akbar », ce qui signifie « Dieu est grand », après chaque prière,  soit 24 fois .

Puis le corps est enterré à même la terre. On ne passe pas par la mosquée et L'imam n'est pas nécessaire.

Pour les musulmans, la crémation est interdite.

C'est la mort qui donne son sens å la vie. Dieu a créé la mort. Si les humains étaient immortels, la vie n'aurait pas de sens. Nous semons sur terre pour récolter dans l'au-delà.

C'est parce que nous sommes créés libres que nous aurons à répondre de ce que nous avons fait lors de notre vie terrestre.

En l'absence de Monsieur le Rabbin Gabriel Hagaï, excusé, l'exposé a été  fait par Patrice Dunois Canette qui l'a remplacé au pied levé.

INTRODUCTION

Les Juifs croient à la Résurrection et même certains d'entre eux à une réincarnation.

La mort donne lieu au jugement de Dieu.

LES RITES

Un premier deuil de 7 jours qui se termine par un repas rituel

Puis un deuxième deuil d'1 mois

Enfin un troisième d'1 an.

LE DEUIL DE 7 JOURS

Au moment de la mort, on rend compte de ses actions. La famille doit être présente et récite le Shema Israël. On ferme les yeux et la bouche du début, on le couvre. On ne doit pas regarder le mort.

Des bougies sont allumées. On récite des psaumes jour et nuit, en particulier les psaumes 23 et 91.

On recouvre,  à la maison, tous les visages de portraits, tous miroirs…

Lors de la toilette rituelle, faite par une "association du dernier devoir", on coupe les ongles. Le corps est purifié pour se préparer à l'au-delà.  Le Talmud dit que le corps est sacralisé. On le revêt de vêtements simples. Aucun décorum. Si le défunt est un homme, il peut être enveloppé dans son talit (châle de prière) si on en coupe quelques franges.

On dépose le corps dans un cercueil, la tête posée sur un petit tas de terre d'Israël. On demande le pardon des enfants et des proches pour les fautes commises.

Les "affligés", c'est-à-dire les proches, ne peuvent mener une vie normale durant ces 7 jours: Ils cessent d'aller travailler, on leur porte leur nourriture.

LA MISE AU TOMBEAU

La crémation est interdite.

C'est en terre d'Israël que la Résurrection doit d'abord avoir lieu. Donc certains demandent à y être enterrés.

Au cimetière,  en France, plusieurs cas de figure sont possibles:

Un cimetière juif

Un carré juif dans un cimetière communal

Le cimetière communal

Dans tous les cas, il n'y a aucune ostentation, aucune mondanité. Pas de fleurs. On déchire un vêtement pour symboliser la douleur. Les hommes se couvrent la tête. L'enterrement doit se faire en principe dans les 3 jours qui suivent le décès. 

Le cercueil, descendu dans la tombe, on récite 2 prières : une de louanges et le Kadish. 10 hommes juifs doivent être présents. Les femmes ne sont pas interdites à proprement parler, c’est plus une « tradition », il se peut que de temps en temps des femmes soient présentes.

En quittant le cimetière,  on se lave les mains.

Au bout de 7 jours, on fait une célébration à la synagogue, et un repas rituel.  Les endeuillés peuvent reprendre une partie de leurs activités (le travail). 

LE DEUIL DE 30 JOURS

Au bout de 30 jours tous les autres interdits sont levés.  On va à la synagogue puis au cimetière. 

LE DEUIL D'1 AN.

Dans l'année qui suit, on évite les fêtes.  Au bout d'un an, on fait une commémoration. La vie doit reprendre ses droits.

Souvent les juifs déposent sur les tombes des cailloux.  (Patrice ne connaît pas la signification de ce rituel).

Exposé du Père Christian Malrieu.

Le Père Christian constate qu'aujourd'hui, la mort n'est plus visible chez nous. 

Autrefois,  c'était la naissance qui était cachée, dont on ne parlait pas, en particulier aux enfants. Mais la mort faisait partie de la vie. Les enfants étaient présents pour la mort, allaient voir le défunt et prier auprès de lui.

La maison, en ville pouvait être tendue de draps noirs à l’extérieur et dans les villages,  ce sont les proches qui s'occupaient des obsèques.  Les gens mouraient en principe chez eux.

Actuellement C'est rarement le cas. Et ce sont des professionnels qui procèdent à la toilette et aux obsèques.  La mort devient froide. Il n'est pas rare que le décès d'un proche soit caché aux enfants ou que les enfants n'assistent pas aux obsèques. 

Pour nous, chrétiens, la mort est un passage qui fait le lien entre pessah, le passage des hébreux et Pâques la Résurrection du Christ.

Pour les chrétiens le corps est sacré et on ne doit pas raccourcir la vie humaine. Donc pas de suicide assisté possible. En Belgique, où cela est autorisé sous certaines conditions, l'épiscopat belge refuse qu'on administre le sacrement des malades à quelqu'un qui a demandé de "bénéficier" d'un suicide assisté et à qui cela a été accordé.

Lors de la cérémonie des funérailles à l'église, on allume des bougies au cierge pascal, préalablement trempé dans l'eau bénite.

Le cierge symbolise le Christ, l'eau bénite rappelle le baptême. 

On fait le signe de croix, signe de la tendresse de Dieu pour nous. On bénit le corps, C'est à dire qu'on dit du bien du défunt, on fait son éloge.

Le Christest ressuscité et le défunt, lui, est près de Dieu. Il ressuscitera.

Le Père Christian a aussi expliqué le tympan de l'église de Conques (XIème siècle ).

Le Christen majesté au centre, lève le doigt de sa main droite et montre le ciel où Dieu est. À sa droite se tiennent les élus, à sa gauche les damnés ; toutes catégories sociales confondues.

Ce tympan, comme ceux de nos cathédrales, témoigne de la liberté de L'homme dans la vie pour faire le bien ou le mal, suivre ou non les volontés de Dieu.

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